La lutte pour l’indépendance
La lutte pour l’indépendance À la fin des années 1940, la répression s’intensifie contre le Parti Démocratique de la Côte d’Ivoire (Pdci). Les militants subissent des arrestations fréquentes, souvent accompagnées de violences policières, incluant des actes de torture. Nombreux sont ceux qui perdent leur emploi en raison de leur engagement politique. Un des leaders du Pdci, le sénateur Victor BiakaBoda, est retrouvé pendu dans la forêt, après avoir été recherché par les autorités.

Les tensions atteignent leur paroxysme en 1950, lorsqu’un incident entraîne l’arrestation de presque toute la direction du Pdci. Des manifestations de protestation éclatent, mais la police tire à blanc pour disperser la foule, tandis que des colons ouvrent le feu à balles réelles, causant la mort de treize manifestants. Plutôt que de poursuivre les responsables de ce massacre, les autorités choisissent de réprimer davantage le mouvement indépendantiste, arrêtant des milliers de militants. En 1956, la loi-cadre de réforme de l’outre-mer prévoit un transfert de certaines compétences de Paris aux autorités locales, mais cela ne freine pas la quête d’indépendance.
La première école de Côte d’Ivoire (1882)
La création de la première école en Côte d’Ivoire remonte à 1882, initiée par Arthur Verdier, un navigateur et commerçant français établi à Assinie en 1862. En 1880, il fonde une plantation de café à Élima, à proximité de la lagune Aby, et ouvre une école privée pour les enfants de la région, répondant ainsi aux besoins de son commerce.
Indépendance (1958)
En décembre 1958, la Côte d’Ivoire accède à une république autonome par le biais d’un référendum, marquant la création de la Communauté française entre la France et ses anciennes colonies. Auguste Denise devient le premier ministre, suivi par Félix Houphouët-Boigny en avril 1959. Avec cette nouvelle autonomie, la Côte d’Ivoire ne partage plus ses richesses avec d’autres colonies moins favorisées, ce qui entraîne une augmentation de 152 % du budget de l’administration ivoirienne. Le 7 août 1960, l’indépendance est officiellement proclamée, mais le pays demeure fortement lié à la France, avec une monnaie régie par la Banque de France via l’union monétaire d’Afrique occidentale (franc CFA) et une économie dépendante des investissements français.
Période Félix Houphouët-Boigny (1959-1993)
Félix Houphouët-Boigny, né en 1905, devient le président-fondateur de la Côte d’Ivoire et occupe ce poste jusqu’à sa mort en 1993. Il fonde le Parti Démocratique de la Côte d’Ivoire (Pdci) et est également l’un des instigateurs du Rassemblement Démocratique Africain (Rda). Son parcours politique débute en 1944 avec la création du Syndicat Agricole Africain, qui deviendra le socle du Pdci. Après la Seconde Guerre mondiale, il est élu à l’Assemblée nationale, où il milite pour l’amélioration des conditions de vie des travailleurs. Premier ministre en avril 1959, il devient président en 1960 et sera constamment réélu tous les cinq ans à partir de 1965, son parti occupant tous les sièges au parlement.
Politique extérieure et sociale
En mai 1959, il fonde le Conseil de l’Entente avec le Niger, le Burkina Faso, le Togo et le Dahomey (actuel Bénin), dans un souci de développement économique. Il prône une solidarité africaine basée sur le développement progressif et la non-intervention dans les affaires internes des États. En 1961, un accord d’assistance militaire est signé avec la France. Sur le plan social, la polygamie est abolie en 1964.
Économie
Les années 1970 à 1985 sont marquées par une prospérité économique. Cependant, la situation se détériore dans les années 1990, entraînant des manifestations étudiantes et l’émergence d’une opposition clandestine. Les événements du 9 février 1992 révèlent Laurent Gbagbo comme un leader d’opinion en réaction à l’interdiction d’une de ses conférences, ce qui le pousse à fonder le Front Populaire Ivoirien (Fpi) et à s’exiler en France. En 1983, Yamoussoukro devient la capitale politique et administrative du pays.
Déséquilibre Nord/Sud
Le Nord de la Côte d’Ivoire, bien qu’historiquement intégré à des structures étatiques avant la colonisation, accuse un retard économique par rapport au Sud, aggravé par l’essor de l’économie de plantation. Félix Houphouët-Boigny prend conscience de ce déséquilibre lors d’une visite en 1974, mais les efforts pour remédier à la situation ne parviennent pas à inverser la tendance. La fracture entre le Nord et le Sud demeure une question cruciale pour le pays.
