Crise politico-militaire en Côte d’Ivoire (2002-2007)
La crise politico-militaire en Côte d’Ivoire, qui s’étend de 2002 à 2007, est jalonnée par plusieurs événements marquants et accords significatifs. Parmi eux, on retrouve les Accords d’Accra (2002-2004), l’Accord de Linas-Marcoussis (2003), l’Accord de Pretoria (2005), et l’Accord de Ouagadougou (2007), sans oublier l’initiative Flamme de la paix et l’Opération Licorne, qui s’est déroulée de 2002 à 2015. Ces événements ont profondément modifié le paysage politique et social du pays, créant des tensions qui perdurent encore.

Élection présidentielle ivoirienne de 2010
Malgré les accords de paix, la Côte d’Ivoire demeure divisée, le pays étant coupé en deux, avec les Forces nouvelles consolidant leur emprise sur le Nord.
Ce climat de tension entraîne le report de l’élection présidentielle à plusieurs reprises, jusqu’à ce qu’elle ait finalement lieu le 31 octobre 2010. Les résultats initiaux révèlent que Laurent Gbagbo arrive en tête avec environ 38 %, suivi par Alassane Ouattara (32 %) et Henri Konan Bédié (25 %). Le second tour, prévu pour le 28 novembre, devient rapidement un point de discorde majeur.
Le 2 décembre 2010, la Commission électorale indépendante (CEI) annonce la victoire d’Alassane Ouattara avec 54,1 % des voix. Cependant, le Conseil constitutionnel (CC) conteste ces résultats et proclame Laurent Gbagbo vainqueur avec 51,45 %. Cette situation crée une impasse politique, où les deux candidats se déclarent chacun président de la Côte d’Ivoire. Les tensions montent, et le 16 décembre, Alassane Ouattara appelle ses partisans à s’emparer de la télévision publique, ce qui entraîne une violente réaction de l’armée loyaliste à Gbagbo.
Durant cette période, les violations des droits humains sont alarmantes, avec des rapports de l’ONU faisant état de 173 meurtres, 90 cas de torture, et des milliers de personnes fuyant vers le Liberia. La situation est explosive, et la violence entre les partisans de Gbagbo et ceux de Ouattara s’intensifie, entraînant une crise humanitaire majeure.

Crise ivoirienne de 2010-2011
La crise s’aggrave de manière dramatique entre 2010 et 2011, avec des centaines de décès et plus d’un million de personnes déplacées. Les combats se concentrent principalement à Abidjan, et les combats à l’arme lourde deviennent fréquents. Le 24 février 2011, des tirs sont signalés dans les quartiers pro-Ouattara d’Abidjan. Au fil des semaines, des villes comme Toulepleu et Bloléquin tombent aux mains des Forces nouvelles, qui se rebaptisent Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI).
Le 30 mars 2011, la situation atteint un tournant majeur avec la prise de Yamoussoukro, la capitale politique, par les FRCI. Celles-ci, avec le soutien indirect des troupes de l’ONU et de la Force Licorne, poursuivent leur offensive. Le 11 avril 2011, Laurent Gbagbo est finalement arrêté par les forces pro-Ouattara, mettant un terme à des mois de violence.
Depuis 2011 en Côte d’Ivoire
Depuis la chute de Gbagbo, le paysage politique ivoirien a continué d’évoluer. En 2015, Alassane Ouattara est réélu avec un score de 80 % des suffrages exprimés, bien que la participation n’atteigne que 53 %. À la suite de cette élection, il propose une nouvelle Constitution visant à tourner la page sur les crises des années précédentes. Cette nouvelle charte, adoptée par référendum avec 93,42 % de votes favorables, vise à renforcer le pouvoir présidentiel et à établir un Sénat.
En 2019, Ouattara tente d’unifier les mouvements politiques qui l’ont soutenu en formant un seul parti, le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP). Cependant, ses relations avec le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) se détériorent, en particulier après qu’il ait désigné Amadou Gon Coulibaly comme son successeur, ce qui provoque des tensions avec Henri Konan Bédié.
Les élections présidentielles d’octobre 2020 sont marquées par des controverses. Ouattara, initialement prévu pour se retirer, se présente finalement à un troisième mandat après le décès de son dauphin. L’opposition dénonce cette décision comme étant inconstitutionnelle, et les élections se déroulent dans un climat de violence et de méfiance. Malgré cela, Ouattara est déclaré vainqueur avec 94,2 % des voix, bien que la participation ait été très faible.
Le 6 mars 2021, les trois principaux partis politiques de Côte d’Ivoire, le RHDP, le PDCI et le Front populaire ivoirien (FPI), participent ensemble à une élection législative dans un climat apaisé. Le RHDP remporte la majorité des sièges, marquant un retour significatif des pro-Gbagbo sur la scène politique.
Les premiers ministres
Depuis 2011, Alassane Ouattara a occupé le poste de président, ayant été Premier ministre dans les années 1990. D’autres figures importantes de la scène politique ivoirienne incluent Daniel Kablan Duncan et Amadou Gon Coulibaly, qui a été Premier ministre jusqu’à son décès en 2020. Hamed Bakayoko, Patrick Achi et Robert BeugréMambé ont ensuite pris la relève dans un contexte politique toujours délicat.
Ainsi, la Côte d’Ivoire continue de naviguer entre défis politiques et aspirations de paix, tout en essayant de consolider sa démocratie après des années de conflits.
